Morceaux choisis de la fabuleuse histoire d'un petit bourg du Nord-Isère devenu en un siècle une grande ville de l'agglomération lyonnaise...

Lors des travaux d'aménagement du Parc Technologique, sur la ZAC dite des Perches, des fouilles archéologiques ont fait remonter à la surface de précieuses informations sur l'histoire de cette partie de l'Est lyonnais.

Plusieurs milliers de pièces archéologiques, essentiellement céramiques, ont notamment été retrouvées sur le site et viennent confirmer son occupation depuis des temps très anciens.

Les plus anciens vestiges découverts jusqu'alors dans cette région de la confluence Saône-Rhône, appartenaient à la période du Néolithique moyen (env. 4500 - 3500 av. JC).

La découverte, lors des fouilles, d'un fragment de vase témoigne d'une phase peut-être plus ancienne (env. 5000 - 4700 av. JC).
En effet, ce fragment appartiendrait à la culture cardiale. Cette civilisation du Néolithique ancien, originaire du bassin méditerranéen, s'est développée vers le nord du couloir rhodanien. C'est à la fois le témoignage le plus septentrional de cette culture et le plus ancien vestige céramique découvert dans le Grand Lyon.

La mise à jour de fosses, de foyers domestiques, de fragments de céramique et d'outils en silex laisse supposer ensuite une occupation du secteur pendant tout le Néolithique et jusqu'au début de l'âge du bronze (env. 2000 av. JC).

Jusque vers le XIème siècle av. JC., ce secteur géographique ne semble pas connaître de nouvelles colonisations.

Des vestiges de villages ou de hameaux, répartis sur une dizaine d'hectares, permettent d'attester que les lieux ont été habités vers le XIème et Xème siècle av. JC. Une occupation organisée en habitat de plus en plus regroupé et qui semble s'être poursuivie et développée jusqu'au Premier Age du fer (VIIème - Vème siècles av. JC)

A partir de la fin du Premier Age du Fer (environ 500 av. JC) et jusqu'à nos jours, cet espace devient une zone à vocation agricole.

Quelques traces subsistent de l'époque gallo-romaine : des fossés et un vestige de chemin dont les ornières sont encore visibles. Une petite cabane, marquée par quatre trous de poteaux, témoigne de l'utilisation des lieux par les paysans du Moyen-Age.

Au Moyen Age, le Château de Saint-Priest est une Maison Forte. En ce temps là, Saint-Priest est une possession savoyarde et son territoire est partagé entre quelques gentilshommes et des églises de Lyon.

Le premier seigneur de Saint-Priest serait le Chevalier Humbert Richard qui reçoit le château en 1336 par un don de l'Abbaye d'Ainay.

Après lui, d'autres Richard, six au total, se succèderont jusqu'à la vente du Comté de Saint-Priest, à Jacques Guignard en 1645.

Issus de la bourgeoisie lyonnaise, militaires, juristes ou diplomates, les Guignard deviennent seigneurs du lieu. Même s'ils ne l'habiteront que rarement, préférant le confort douillet de leur résidence lyonnaise, ils vont durant deux siècles embellir le château à l'intérieur comme à l'extérieur.

Deux siècles aux cours desquels le château restera dans cette famille dont le membre le plus illustre, François Emmanuel, sera Ministre de l'Intérieur du Roi Louis XVI. Après sa mort en 1821 et la vente du château en 1838, la famille quitte Saint-Priest.

Pendant près d'un siècle, le château de Saint-Priest va quelque peu tomber en désuétude, racheté et revendu plusieurs fois, il finira propriété des Missions Africaines avant d'être finalement racheté par la Ville à l'instigation de Théophile Argence, en 1938. En plein Front Populaire, ce dernier (maire de Saint-Priest de 1929 à 1940) réussit à convaincre le Conseil municipal d'acquérir ce symbole de la noblesse et de la bourgeoisie, pour le faire entrer dans le domaine public et l'utiliser au profit des San-Priots notamment les ouvriers des usines Berliet et Maréchal.

Plus tard, le château servira de centre de formation aux métiers du bâtiment et abritera aussi certains services municipaux.

Finalement, en 1995, sa rénovation est décidée par le maire, Bruno Polga.

Une vaste opération de sauvegarde du patrimoine qui, bien plus qu'une métamorphose du bâtiment, fleuron de l'histoire locale, allait agir comme une véritable révélation en mettant à jour des vestiges gallo-romains.Sous le château… un trésor !

En tournant une nouvelle page de l'histoire de Saint-Priest, les travaux entrepris lors de la rénovation du château allaient faire remonter le temps encore plus loin. En faisant parler le sol, sous les couches sédimentaires empilées par les siècles, les archéologues découvrent qu'au cœur du Moyen Age, aux alentours du XIème siècle, une église, un cimetière et un autre bâtiment ont en réalité précédé le château sur la colline. Et, perle des découvertes, les archéologues mettent à jour une stèle funéraire. Datée du IIème ou IIIème siècle, cette stèle, vraisemblablement réutilisée dans les fondations de l'église, marque la sépulture de Julius Victor, un enfant de 10 ans.

Le site était donc occupé dès l'époque gallo-romaine. D'autres vestiges encore sont dénichés : vases, agrafes… Tous sont aujourd'hui conservés au Musée Gallo-Romain de Fourvière. Quant à la stèle, elle a été installée à la place qui lui revient, dans un écrin digne de ce nom : le château.

En un siècle, la ville de Saint-Priest est passée de 2500 à 41 000 habitants. Retour sur un siècle d'industrialisation.Au début du XXème siècle, Saint-Priest est un petit bourg rural d'environ 2000 habitants. Une majorité de San-Priots vit de l'agriculture. Ils cultivent le blé, l'avoine, le seigle, pratiquent le maraîchage, la vigne un peu et l'élevage. Une activité qui permet à Saint-Priest de fournir en lait la ville de Lyon. Quelques commerces animent le village. Les professions liées aux tissages lyonnais, pour la plupart établies à Manissieux et à Mi-Plaine, restent des activités complémentaires au travail agricole. L'activité industrielle tourne autour de trois usines : l'entreprise "Giroudière", la maison "Dufour" et l'entreprise familiale "Maret".

En ce temps-là, Saint-Priest était un village dauphinois à l'habitat dispersé. Mais au lendemain de la première Guerre Mondiale, la ville entre dans l'ère industrielle.

Une industrialisation qui va provoquer, en une décennie, le doublement de la population : de 2704 habitants en 1921, elle atteint presque le chiffre de 6000 habitants en 1931. Deux hommes, industriels de renom, vont marquer particulièrement la Ville dès le début du XXème siècle : Marius Berliet et Henri Maréchal.

C'est avec l'arrivée d'une population ouvrière, venant des régions environnantes, mais aussi d'Italie ou d'Espagne que la ville de Saint-Priest connaîtra le début d'une croissance exponentielle.

Une évolution démographique qui va également favoriser les changements politiques et culturels.

à la libération, ce mouvement va se confirmer et s'amplifier : doublement du nombre d'habitants tous les dix ans pour arriver à plus de 40 000 à la fin des années soixante dix.

Saint-Priest aura très tôt le statut de ville. On peut faire remonter cette mutation au mandat de Théophile Argence qui, à l'époque du Front Populaire, dota la ville d'équipements collectifs (Maison du Peuple, stades, groupes scolaires, rachat du château...) assurant ainsi son avenir. Aux Habitations Bon Marché (HBM) de Théo Argence, place Salengro, suivirent les HLM du centre, les Alpes et Bellevue (début des années 60), Bel-Air I et II (années 70), Bel-Air III (années 80), quartier Porte-Joie (années 90).

Aujourd'hui, la ville de Saint-Priest offre un ensemble d'équipements publics très important, dont le dernier en date, le tramway (2003), la place résolument aux côtés de la ville centre : Lyon. Le développement de Saint-Priest se poursuit toujours, à un rythme moins soutenu, mais avec de nouveaux objectifs : renouvellement urbain, qualité de vie, développement durable. Le nouveau quartier des Hauts de Feuilly avec ses maisons à énergies propres, proches du Parc Technologique, en est un bel exemple.

de 1790 à nos jours

  • CHALMAS Etienne (janvier 1790 / mars 1790)
  • DUC Horace (mars 1790 / janvier 1794)
  • GINOT Joseph (septembre 1794 / mai 1795)
  • PAGNOUD CHENAVAS Jean (mai 1795 / juin 1795)
  • REYMOND Pierre (novembre 1795 / mars 1799)
  • EDOUARD Pierre (mars 1799 / mai 1800)
  • GIVORD (avril 1800 / août 1800)
  • CHALMAS Etienne (1800 / 1815)
  • REYMOND Pierre (1815 / 1816)
  • CHALMAS Jean-Jacques (1816 / 1821)
  • REYMOND Pierre (1834 / 1840)
  • BAVARD Jean-Baptiste (1840 / 1846)
  • REYMOND Pierre (1846 / 1848)
  • BAVARD Jean-Baptiste (février 1848 / août 1848)
  • PAYET CHAVRET Jean (1848 / 1854)
  • CUSIN Pierre (1854 / 1862)
  • BONNARDET Louis (1862 /1870)
  • REYMOND François (1870 / 1874)
  • GERMANET François (1874 / 1876)
  • REYMOND François (1876 / 1888)
  • FOUGERES Jean-François (1888 / 1892)
  • REYMOND François (1892 / 1896)
  • PAYET MAUGERON Jean-Baptiste (1896 / 1900)
  • BARGES Jean-Antoine (1900 / 1904)
  • BUISSON Claude-François (1904 / 1908)
  • FAVARD Louis (1908 / 1919)
  • PAYET Gabriel (1919 /1925)
  • BERLIOZ BENIER Pierre (1925 / 1929)
  • ARGENCE Théophile (1929 / 1940)
  • PAYET BURIN Clément (1941 / 1945)
  • CÅ’UR Ulysse (1945 / 1946)
  • VOURLAT Etienne (1946 / 1949)
  • OTTINA Charles (1949 / 1972)
  • JOLY Marius (1972 / 1977)
  • GIREAU Louis (1977 / 1983)
  • POLGA Bruno (1983 / 13 novembre 2003)
  • DAVID Martine (2003 / 2014)
  • GASCON Gilles (depuis avril 2014)

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